Au petit jeu de la valse
des saisons !
La vie du Vin




Avec le soleil de septembre, la vendange prend vie. De sa quantité dépendra son âme, de sa qualité dépendra sa puissance, sa longueur.
Dans les pressoirs, véritables ruches où les vignerons s’adonnent à la valse des paniers, les premiers marcs laissent entrevoir la sensibilité de ce millésime que nous sommes entrains de vendanger.
Les goulottes chantent alors des moûts qui s’écoulent lentement des maies de pressoir. Tantôt aux reflets roses pour les Pinots, tantôt aux nuances vertes pour le Chardonnay, le vin doux file, glisse vers les belons.
Très vite les levures entrent en scène. De leurs vigueurs, de leurs fougues fermentaires dépendra la dentelle, la finesse, l’élégance… .
Au fil des jours et avec le calme revenu, la cuverie laisse transpirer les premières fragrances, la futaille finit de chanter des milliers de bulles qui montent de leur tréfonds pour nous laisser entrevoir ce nouveau millésime.
Avec les premiers froids hivernaux, les vins se libèrent de leur ganse. C’est la période des interrogations, des supputations. Les contrôles se suivent, les soutirages leur succèdent. Petit à petit, les vins se dénudent et nous titillent les papilles.
Au fil des jours, les dégustations se suivent sans jamais se ressembler. Occupés aux ouillages, les esprits gambadent pour deviner la direction, le chemin à suivre pour recréer les cuvées de tirage. Puissants, longs, généreux, fruités sont les Pinots; vifs, légers, floraux sont les Chardonnay. Élevés en cuve, les vins restent introvertis, élevés sous-bois au contraire, extravertis ils deviennent… .
Les vins des parcelles de la mi-côte chantent de complexité, de densité. Plus minéraux issus en haut du coteau; plus vifs, plus légers issus du bas. Petit à petit, le puzzle prend place. Notre instinct nous guide, telle et telle cuve avec tel ou tel fût. C’est le moment des assemblages, le moment des mariages.